Atlas Limits
Méthodologie
Comprendre comment nous arrivons à une conclusion. Une analyse commence avec des faits. Encore faut-il savoir ce qu’ils permettent réellement d’établir.
Atlas Limits travaille à partir de données, de documents, de publications institutionnelles, de recherches, de déclarations publiques et d’autres sources accessibles et vérifiables. Ces éléments constituent le point de départ de notre travail. Ils n’en constituent pas nécessairement la conclusion.
Notre méthode consiste à identifier ce qui est établi, à examiner la qualité et les limites des éléments disponibles, à confronter les informations pertinentes, puis à distinguer aussi clairement que possible ce que nous savons de ce que nous en déduisons.
Les sources et ce qu’elles établissent
Atlas Limits privilégie, lorsque le sujet le permet, les sources primaires et institutionnelles : textes officiels, données statistiques, banques centrales, administrations publiques, organisations internationales, régulateurs, documents d’entreprise, publications scientifiques et bases de données reconnues.
Nous utilisons également des sources secondaires lorsque leur travail apporte vérification, expertise, contexte ou éléments complémentaires.
Nous ne considérons cependant pas la provenance d’une source comme une garantie suffisante de la portée de ce qu’elle affirme.
Une publication officielle peut établir avec précision ce qu’une institution a décidé, déclaré ou mesuré. Atlas Limits distingue cette information de l’analyse de ses causes, de ses conséquences ou de sa portée. La première peut parfois être établie par le document lui-même. La seconde demande généralement de confronter d’autres éléments.
Nous évaluons donc une source en fonction de la question à laquelle elle permet de répondre.
Lorsque plusieurs sources pertinentes divergent, nous cherchons à comprendre l’origine de cette divergence : définition différente, période différente, méthode différente, information incomplète ou véritable désaccord sur les faits. Lorsque la contradiction ne peut pas être raisonnablement résolue, elle n’est pas effacée. Elle devient une limite de l’analyse.
Faits, données, analyses et scénarios
Atlas Limits distingue quatre niveaux qui peuvent coexister dans une même publication.
Faits établis
Les faits établis correspondent aux événements, décisions ou informations suffisamment vérifiés pour être présentés comme tels.
Données
Les données correspondent aux mesures quantitatives utilisées pour décrire une réalité. Elles sont examinées avec leur définition, leur période, leur méthodologie et, lorsque cela importe, leurs révisions ou leurs limites.
Analyse
L’analyse commence lorsque nous mettons ces éléments en relation pour examiner des causes, des conséquences, des contraintes ou des dynamiques qui ne sont pas directement contenues dans un fait ou une donnée isolés.
Scénarios
Les scénarios explorent ce qui pourrait se produire lorsque l’évolution future dépend encore de plusieurs variables. Ils ne sont ni des faits ni des prédictions certaines.
La frontière entre ces niveaux compte. Un chiffre peut être exact et l’interprétation qui en est faite discutable. Un fait peut être établi alors que sa cause reste incertaine. Un scénario peut être plausible sans être probable.
Notre travail consiste notamment à ne pas demander à un élément de prouver davantage qu’il ne peut réellement établir.
Vérification et corroboration
Une affirmation importante est vérifiée autant que possible à sa source et confrontée à des éléments indépendants lorsque la nature du sujet le justifie.
La corroboration ne consiste pas simplement à compter le nombre de sources qui répètent une information. Plusieurs publications peuvent provenir d’une même donnée, d’un même document ou d’une même déclaration. Nous cherchons, lorsque cela est pertinent, à remonter à l’origine de l’information.
Nous accordons une attention particulière aux dates, unités, périmètres statistiques, définitions et changements méthodologiques. Une différence de définition peut parfois expliquer davantage qu’une différence de chiffre.
La vérification s’applique également aux éléments qui contredisent l’hypothèse initiale d’une analyse. Une conclusion n’est pas renforcée en ignorant ce qui la fragilise.
Objectivité et neutralité institutionnelle
Atlas Limits considère l’objectivité comme une discipline de méthode plutôt que comme l’absence de jugement.
Elle consiste à examiner les éléments pertinents indépendamment de la conclusion que nous préférerions obtenir, à rechercher ceux qui pourraient remettre en cause une hypothèse, à distinguer les différents degrés de certitude et à modifier une conclusion lorsque les faits l’exigent.
Notre neutralité est institutionnelle. Atlas Limits n’agit au nom d’aucun gouvernement, parti politique, entreprise, organisation ou intérêt particulier.
Elle n’impose pas une neutralité artificielle des conclusions. Lorsque les éléments disponibles soutiennent davantage une interprétation qu’une autre, notre rôle est de le dire et d’expliquer pourquoi. Lorsque ces éléments ne permettent pas de trancher, notre rôle est tout aussi clairement de le reconnaître.
L’incertitude
L’incertitude n’est pas toujours un défaut que davantage de travail permet de supprimer.
Certaines données sont provisoires. Certaines informations sont incomplètes. Certaines relations causales restent débattues. Certains événements sont encore en cours lorsque nous les analysons.
Atlas Limits cherche à identifier ces limites plutôt qu’à produire une certitude artificielle.
Lorsque cela est nécessaire, nous distinguons ce qui est établi, ce qui est probable, ce qui reste possible et ce que les informations disponibles ne permettent pas encore de déterminer.
Une analyse peut donc aboutir à plusieurs scénarios ou conserver une question ouverte. L’incertitude, lorsqu’elle est réelle, fait partie du résultat.
Indépendance éditoriale
Les conclusions d’Atlas Limits doivent découler des faits, des sources et du raisonnement examinés dans le cadre de l’analyse.
Aucun acteur extérieur ne dispose d’un droit de déterminer ces conclusions ou d’obtenir la modification d’une analyse pour la seule raison qu’il en conteste le jugement.
Une source peut naturellement signaler une erreur factuelle, fournir une information supplémentaire ou contester une interprétation. Ces éléments sont examinés selon les mêmes critères que ceux qui ont conduit à la publication initiale.
Lorsqu’un intérêt ou une relation est susceptible d’affecter matériellement la perception de l’indépendance d’un contenu, Atlas Limits doit en tenir compte et, lorsque cela est nécessaire pour comprendre la publication, le rendre visible.
L’indépendance éditoriale n’exonère pas Atlas Limits de la contradiction. Elle exige au contraire que cette contradiction soit examinée pour ce qu’elle apporte au raisonnement.
Temps, mises à jour et corrections
Toute analyse appartient aussi au moment où elle a été écrite.
Les données sont révisées, les politiques changent, de nouvelles informations apparaissent et les événements peuvent invalider des hypothèses qui étaient raisonnables au moment de la publication.
Nous distinguons donc une erreur d’une évolution de la réalité.
Lorsqu’une information publiée était factuellement incorrecte, elle doit être corrigée. Lorsqu’un changement substantiel est apporté à une publication, il doit rester identifiable de manière appropriée.
Lorsqu’une analyse devient dépassée parce que les faits ont changé, cela ne signifie pas nécessairement que sa formulation initiale était erronée. Selon les circonstances, elle peut être mise à jour, complétée par une nouvelle analyse ou conservée comme témoignage de l’état des informations au moment de sa publication.
Nous ne cherchons pas à réécrire rétrospectivement une analyse pour lui donner une certitude qu’elle ne possédait pas à l’origine.
Outils et intelligence artificielle
Atlas Limits peut utiliser des outils numériques et des systèmes d’intelligence artificielle dans certaines étapes de recherche, d’organisation, de traitement ou de production.
Le recours à ces outils ne modifie pas nos exigences éditoriales.
Une information n’est pas considérée comme vérifiée parce qu’un système automatisé l’a produite ou reproduite. Les affirmations factuelles, données, sources et raisonnements destinés à la publication restent soumis aux principes de vérification, de traçabilité et d’examen applicables au reste de notre travail.
La responsabilité du contenu publié demeure celle d’Atlas Limits.
Limites
Aucune méthode ne supprime entièrement l’incertitude, les lacunes documentaires, les révisions de données ou la possibilité d’une erreur.
Atlas Limits cherche à rendre ces limites visibles lorsqu’elles sont significatives pour l’interprétation d’une analyse.
Nos publications ont une finalité informative et analytique. Elles ne constituent pas des conseils personnalisés en matière d’investissement, de droit, de fiscalité ou de décision professionnelle.
Une méthode qui reste ouverte
Une méthodologie n’a d’utilité que si elle s’applique également lorsque les faits deviennent gênants pour l’hypothèse qui avait lancé le travail.
Atlas Limits considère donc ses conclusions comme révisables, mais pas arbitraires. Elles doivent pouvoir évoluer lorsque de meilleurs éléments apparaissent, sans changer simplement parce qu’une conclusion devient inconfortable.
Notre objectif n’est pas d’éliminer le jugement de l’analyse. Il est de rendre ce jugement aussi indépendant, explicite et vérifiable que le sujet le permet.
C’est la discipline que nous essayons d’appliquer à chaque publication.